Le 05 Janvier dernier, Mr De Robien, ministre de l'Education Nationale, a produit son premier texte décisif qui interdit tout simplement aux enseignants de recourir à la méthode globale, même de façon ponctuelle ou complémentaire.
Je ne suis pas, loin s'en faut, une fervente défendrice de cette méthode.
J'ai d'ailleurs commencé par céder au matraquage médiatique de ces derniers mois qui laissait entendre que certains enseignants adeptes la pratiquaient exclusivement et que leurs élèves souffraient de façon catastrophique d'un illettrisme que l'on pouvait lui attribuer.
Mais j'ai dans mon entourage des enseignants outrés par les allégations du ministre, prétendant que l'échec scolaire trouve son socle dans l'utilisation des méthodes globales et semi-globales, selon lui largement répandues.
Tous ces enseignants ont le même discours: PERSONNE n'a jamais utilisé exclusivement la méthode globale et rares sont ceux qui usent systématiquement de la semi-globale. Tout le monde est d'accord pour dire que les enfants peuvent reconnaître globalement certains mots (leur prénom, maman, papa, le la les et etc.) avant l'entrée au CP parce-que l'on a besoin de cet étayage pour leur faire comprendre que les graphèmes ont un sens et leur donner envie d'apprendre à déchiffrer. Puis, à l'entrée au CP, passer à la méthode syllabique, répétitive, systématique mais efficace.
Bref, la plupart des enseignants utilisent en grande part les méthodes syllabiques ou phonologiques et de manière ponctuelle ou complémentaire ou lorsque l'enfant semble en avoir besoin, d'autres méthodes, dont la méthode globale.
De quel droit leur interdire le recours à certains outils?
De quel droit laisser entendre que certains dangereux enseignants usent de la méthode globale ou semi-globale et saturent la mémoire de leurs élèves ou font de la lecture un jeu de devinettes plus qu'aléatoire?
N'est-ce pas un raccourci facile et dangereux que de limiter les causes de l'illettrisme à l'utilisation d'une méthode alors qu'elle n'a jamais été enseignée que de manière complémentaire ou marginale?
Je suis atterrée de constater qu'aujourd'hui la politique ne pense que spectaculaire, stigmatisation, désinformation...
Les textes de l'éducation nationale: conférence de presse sur la lecture
La pétition: Apprentissage de la lecture, assez de polémiques, des réponses sérieuses!

(petite séquence nostalgie, c'est avec Au fil des mots que j'ai appris à lire et je crois que c'était du semi-global)
Je suis amoureuse de ces 2 auteurs-dessinateurs.
Voutch est connu pour ses aquarelles
humoristiques à l'humour grinçant, mais lorsqu'il s'adresse aux petits enfants, c'est tout aussi jubilatoire et les loulous sont très sensibles à l'originalité et la drôlerie du ton.
Gros gros coups de coeurs, donc, pour "Pourquoââââ?" et "La planête bizarre".
Sur "La planête bizarre", les chats pondent des oeufs, les vaches vivent
dans les arbres ....toutes les mamans ont de grandes moustaches,
et lorsque les enfants ne sont pas sages, on leur donne des glaces à la fraise qu'ils vont manger sur la plage... mais des chiens volants leur piquent
leurs gâteaux! Eh bien moi, j'irai jamais sur la planête bizarre, parceque j'aime pas qu'on me pique mes gâteaux!
A la lecture, les enfants qui parlent bien savent remettre les choses à leur place et dire ce qui se passerait sur la planête normale, ils peuvent aussi inventer d'autres singularités de la planête bizarre. Les tout-petits se
régalent de la musique des mots et des dessins originaux et colorés. Tout le monde rit et connait par coeur ce petit livre.
En plus, c'est un tout petit format cartonné bien costaud qui résiste sans faiblir aux assauts répétés
des petites mains pas toujours délicates.
Même présentation (un peu plus grande) pour "Pourquoâââ?" et même principe de courte histoire humoristique où les mots sonnent comme pour une comptine. Nous l'avons empreinté à la
médiathèque il y a des mois et Lucile s'en souvient
encore.
Et moi aussi.
Dommage qu'il soit presque partout en rupture, en attente de réédition.
Pour la petite grenouille, c'est l'heure d'aller se coucher. Mais pourquoâââ donc dormirait-elle?
Son parent a de solides arguments à lui avancer... croââât-il... mais à chacun d'entre eux, la petite grenouille oppose sans se démonter un nouveau pourquoâââ inquisiteur!
Il y aurait de quoi perdre patience.
Mais c'est surtout l'occasion de rire et lorsque plus tard, vous serez confronté
à un moutard vous bombardant de pourquoi?, vous pourrez toujours, à court d'arguments, lui demander s'il aime les glaces à la mouche!
2 livres qui conviennent dès 18 mois, contrairement à ce que dit la notice éditeur. :)
Le site de Voutch que j'adoooore!
Et maintenant Alain Chiche. Voici la première idôle de Lucile. Alain Chiche est venu à l'école expliquer son travail et peindre de belles fresques au début de l'année. Il a tenu 25 marmots de 2,5 à 4 ans en haleine pendant 45 minutes. Et Lucile m'a parlé de lui pendant des semaines. En plus, nous l'avons rencontré au salon du livre de la ville et il a fait une belle dédicace sur "Mon petit coeur de tous les jours".
Gros plan sur 2 de ses livres, tendres ou pétillants... et pédagogiques!:
"Mon petit coeur de tous les jours", chez Casterman. Un grand livre cartonné en forme de coeur, des mots doux pour tous les jours, ou comment décliner la tendresse des relations parent-enfant en apprenant les jours de la semaine. Des dessins tendres, dynamique et colorés, très simples. Un must (dédicacé ;) )
"Dans mon château", un grand livre en forme de tour crénelée, on apprend à compter les petites sorcières jalouses, les nains travailleurs ou les princesses endormies. Les dessins sont amusants et truffés de détails pour faire parler les bavards. Une autre réussite.
Même principe et même public pour "Je t'aime de toutes les couleurs" et "Cache-Nuage".
Les plus petits ont aussi des auteurs originaux et imaginatifs!















